Audrey Lahaye

Ateliers égalité – équité femmes – hommes

J’ai eu l’opportunité d’animer trois ateliers sur l’égalité et l’équité entre les hommes et les femmes auprès d’un public de jeunes (18-25 ans) à la Mission Locale du Provinois.

Ces sessions ont été l’occasion d’aborder avec eux les stéréotypes de genre qui pèsent sur nos épaules quel que soit notre genre. Les idées reçues, nous y sommes confrontés souvent dès le plus jeune âge, si ce n’est bien avant même notre naissance. Dès la découverte du genre de l’enfant à naître, les projections s’enchaînent et ces injonctions nous accompagnent tout au long de la vie.

Pour déconstruire ces représentations, nous avons commencé par un petit quizz et un débat mouvant sur la dichotomie « acquis/inné ». L’objectif ? Questionner ensemble les normes sociétales en matière de genre.

Les discussions ont rapidement portés sur des sujets de fond :

  • L’intersexuation et la diversité biologique. Non, il n’y a pas que deux sexes.
  • L’effet Matilda, cette invisibilisation systématique des femmes dans les domaines comme la science, la médecine ou encore la musique et la littérature au profit de leurs collègues masculins.
  • La prise en charge médicale genrée, les biais de conceptions et les inégalités de chances face à la maladie ou aux accidents dans un monde où l’homme est la norme par défaut.
  • Le rapport à la sexualité, au corps, au désir et au consentement ainsi que toutes les injonctions qui gravitent autour de ces questions.

Nous avons également abordé la santé mentale et, inévitablement, la question des violences.

Pour aller plus loin sur la thématique des violences, j’ai proposé un exercice expérientiel. Le but était d’appréhender collectivement l’origine de ces réactions, qu’elles soient physiques ou psychologiques, impulsives ou “réfléchies”.

Nous avons exploré les mécanismes sous-jacents : comment la gestion des émotions, souvent entravée dès l’enfance par les injonctions, peut faire ou non basculer dans la violence. Ce cheminement nous a naturellement ramenés à la question centrale : la condition des femmes dans notre société face à la violence, mais aussi celle des hommes. Comment éduquons-nous nos fils ?

En matière de genre, devons-nous privilégier l’égalité ou l’équité ? Les hommes sont-ils biologiquement plus violents, ou est-ce le fruit d’une éducation genrée et de toute une systémie à revoir ? Pendant que les femmes payent très cher le prix du patriarcat, les hommes ne sont-ils pas, eux aussi, victimes de ce système ? Quelles sont les violences qu’ils subissent ? Quelles en sont les conséquences sur leur santé mentale ? Être enfermés dans une obligation de force qui empêche d’exprimer sa vulnérabilité et qui empêche de demander de l’aide quand on en a besoin, est-ce éventuellement une cause possible pour expliquer en partie les violences?

Le troisième atelier s’est concentré spécifiquement sur l’égalité dans la sphère professionnelle.

La réflexion a porté sur :

  • L’égalité des chances
  • L’accès aux métiers dits « féminins » ou « masculins » et ce qui définit ces métiers.
  • Les stéréotypes de genre et comment ils influencent et limitent nos trajectoires professionnelles.
  • La précarité persistante des femmes, qu’il s’agisse de la rémunération des métiers à prédominance féminine, du coût de la maternité, de l’évolution de carrière ou de la théorie du « pot de yaourt ».

Nous avons aussi évoqué la charge mentale, cette invisible fatigue qui pèse encore majoritairement sur les épaules des femmes et en quoi elle impacte la vie professionnelle.

Nous avons bien sûr abordé la question du sexisme ordinaire et des violences au travail. J’ai renouvelé avec ce nouveau groupe l’expérience sur le cheminement vers la violence.

Pour conclure sur une note plus optimiste, nous avons réfléchi aux solutions existantes et à celles qu’il reste à inventer pour lutter contre la souffrance engendrée par ces inégalités.

Les échanges ont été riches, parsemés de digressions pertinentes. Ces jeunes ont « refait le monde » à leur façon, avec, je pense, une lucidité qui force le respect. L’expérience a confirmé que le dialogue est le premier pas vers le changement.

Plus d’informations :https://audrey-lahaye.com/a-propos/

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